DEMARCHE CRITIQUE

Il s’agit aujourd’hui, non seulement de comprendre le monde, mais surtout de le transformer et ceci de manière consciente et par une classe sociale ayant une place particulière dans le rapport social global.

Cette analyse se réfère à la théorisation de Marx qui met en évidence la dualité de la contradiction qui mine le rapport marchand capitaliste et fournit le cadre analytique pour saisir la trajectoire du capitalisme, ses tendances immanentes.  Ces apports ne sont qu’une « boîte à outils » et les concepts théoriques qu’elle contient permettent de saisir des événements dans les liens entre social, économique, politique et culturel, facteurs qui ont chacun un degré d’autonomie considérable.  Ces mêmes concepts nous permettent de voir comment les contingences jouent également un rôle significatif dans la trajectoire historique, même si   la totalité  capitaliste est définie par la forme-valeur qui a aujourd’hui imprégné chaque domaine de la vie humaine.Ces concepts ne sont cependant pas une science qui aurait des lois historiques universelles et immanentes sur base desquelles les événements économiques, politiques, sociaux et culturels pourraient être prévus avec exactitude.

  • D’une part, la compréhension dialectique exclut une lecture de l’histoire déterminée par la seule évolution économique mais exclut aussi une manière de voir la perspective historique comme le seul résultat de la toute-puissance de la volonté et de la conscience des hommes.
  • D’autre part, il faut comprendre que les conditions objectives et subjectives interagissent les unes sur les autres sans pour autant être dans un lien mécanique. Marx s’est refusé à « prescrire des recettes pour les gargotes de l’avenir » (Postface à la 2ème éd. du Capital, 1873), de même qu’il n’a jamais prétendu avoir inventé une nouvelle morale à l’intention des esclaves du capital. En cela, il récuse le « Socialisme scientifique ». de plus il ne se déclare pas « Marxiste ».

Une démarche critique

On peut ainsi mettre en évidence que cette totalité détermine non seulement l’objet, mais aussi le sujet de la connaissance.  Ce qui compte ici, c’est le point de vue de la totalité, et non celui de l’individu, mais cette totalité ne peut être posée que si le sujet qui la pose est lui-même considéré comme totalité. La théorisation, qui se développe à partir de la méthode dialectique, prône l’unification de la pensée et de l’être, et cela se traduit sous forme d’un processus, à savoir la mise en action de la dialectique, et cela en raison de la période historique.

La théorie se veut une critique fondamentale des évidences sur lesquelles reposaient les systèmes métaphysiques et les affirmations religieuses, les certitudes logiques. Il est évident que la connaissance des lois de la société est par elle-même révolutionnaire, et la théorie politique possible dans telle ou telle société décrit moins les possibilités d’une autre politique que les limites de la pensée politique par la société existante.

Que du contraire, après avoir exprimé la condition du prolétariat dans la phase de domination formelle du capitalisme, où il a fallu composer dans un premier temps avec des idées produites par des fractions artisanes en voie de prolétarisation, idées mélangeant liberté et émancipation, défendues par Bakounine, pour constater leur inanité au moment de la Commune, cette théorie a dû tenir compte des changements opérés par le capital dans sa phase de domination réelle.

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