7 A PROPOS DU TERRORISME

Depuis quelques années, il ne se passe guère de jour sans que, à un endroit du monde, un acte terroriste soit commis. Pour nous, le terrorisme est clairement à dénoncer : il ne constitue en aucun cas l’instrument par lequel le prolétariat peut s’affirmer. De plus, il représente, de façon directe et indirecte, une attaque contre notre classe et, à travers elle, contre toute l’espèce humaine au travers des espoirs d’avènement d’une société nouvelle dont le prolétariat est l’initiateur. Cette prise de position constitue donc une réponse à la banalisation qui est faite de ce genre de pratique ainsi qu’aux dérives idéologiques qui pourraient entraîner des prolétaires isolés et sans perspectives vers ces voies sans issues. Bien sûr, la première violence faite à « l’homme », qui voulait « savoir » est représentée par le fait qu’Adam et Eve furent chassés du paradis terrestre. Il y a depuis d’autres interdictions de « savoir » qui ont été exercée par l’Eglise, je fais allusion à l’affaire Galilée. Mais, je pense ici aux massacres dont furent victimes les travailleurs en 1848, après la Commune de 1871, à l’Union Sacrée de la 1ère guerre mondiale, où syndicalistes et POB ont contribué à envoyer les ouvriers belges participer au massacre des ouvriers allemands, à l’assassinat de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg, à la liquidation de la commune de Kronstadt en 1921, à la liquidation de la révolution espagnole, au désarmement de la Résistance ouvrière à la fin de la 2ème guerre mondiale, à la répression ouvrière en 1956 en Hongrie, à la liquidation de la grande grève de 60-61, à la répression de droite de Mai 68 et aux insultes de gauche de ceux qui qualifiait Daniel Cohn Benditt de « juif allemand ». Je pourrais poursuive l’énumération et la compléter. La vague d’attentats qui avait frappé la Belgique dans le courant de l’année 85 intervient à un moment où la bourgeoisie développe une campagne de démoralisation, de désinformation et a permis de lancer une campagne anti-terroriste dans le cadre de la défense de la démocratie bourgeoise. D’autres pays en Europe ont déjà connu précédemment une telle vague d’attentats: Italie avec les Brigades Rouges, France avec Action Directe, … Les médias, alors qu’elles font le silence sur le développement des luttes ouvrières au niveau international se sont focalisés ces derniers temps sur la mise en avant de toutes les horreurs et barbaries possibles et imaginables. Que ce soient les massacres de Rome, de Vienne, de Beyrouth, tout est utilisé par la presse pour camoufler la véritable perspective : la reprise des luttes de classe. L’exemple de la Belgique est caractéristique à cet égard où, avec l’apparition des « Cellules Communistes Combattantes, la bourgeoisie a tenté de dévoyer la question sociale et les réactions ouvrières à l’austérité dans les flonflons de l’antiterrorisme appuyant son exploitation monstrueuse sur une terreur sans nom, le capitalisme ne pourra être abattu’ sans l’action révolutionnaire du prolétariat. Si les marxistes ont toujours été clairs à cet égard, de même que par rapport aux méthodes des luttes à mettre en œuvre, on pourrait donc rire des tentatives faites par la bourgeoisie d’identifier les terroristes des CCC aux positions de classe du prolétariat, si aujourd’hui n’existait pas au sein du mouvement révolutionnaire un certain nombre de groupes véhiculant au nom d’un soi-disant « terrorisme ouvrier » une formule totalement étrangère à la pratique réelle du prolétariat. Il y a peu, on s’en est pris aux journalistes de Charlie Hebdo, à des clients dans un supermarché à Paris, ou aux visiteurs du musée juif à Bruxelles. TERRORISME : LA VRAIE CIBLE DE L ‘ANTITERRORISME : LA LUTTE DE CLASSE Dénoncer les campagnes antiterroristes Ainsi se pose la nécessité de dénoncer la campagne antiterroriste lancée par la bourgeoisie, ainsi que les confusions subsistant encore au sein de certains prolétariens par rapport au terrorisme, mais surtout de savoir quelle lutte développer dans la période actuelle. Le système capitaliste est condamné historiquement. Il faut l’abattre. Mais une telle oeuvre ne peut être l’oeuvre que de l’immense majorité agissant de manière consciente sous la conduite des organes de pouvoir politique du prolétariat : les conseils ouvriers. L’EXPLOITATION CAPITALISTE UNE TERREUR CACHEE L’enjeu est d’importance, car cette campagne vise à désarmer politiquement le prolétariat, à le soumettre à l’idéologie pacifiste de la gauche, alors que se développe au sein de la classe ouvrière la volonté de plus en plus nette de ne plus accepter les sacrifices exigés par la bourgeoisie et ses syndicats pour tenter de sauver le système. Les révolutionnaires ne se sont jamais laissés berner/par les apparences de « paisibilité» de la bourgeoisie et de son Etat. Les révolutionnaires ont toujours montré que l’Etat était un instrument d’oppression au service des intérêts de la classe dominante et de son mode de production. Mais aujourd’hui, avec la décadence du capitalisme, l’Etat a pris des proportions monstrueuses cherchant à maintenir la survie, du système convulsionné par une crise économique permanente et des guerres impérialistes. 1. Les deux faces de la même violence du rapport socio-économique capitaliste : Si le mode de production capitaliste s’est accompagné du développement des forces productives, de la technologie et des sciences comme aucun autre mode de production ne l’avait fait dans l’histoire, il est aussi un système qui contient, dans sa logique de fonctionnement, une violence extrême et une destructivité massive. Pour maintenir ses profits, le capitalisme est entraîné dans un cycle contradictoire de surproduction croissante et à une production à coût de plus en plus bas, et donc de la nécessaire destruction de valeurs ; l’introduction, au sein de la production, de technologies sans cesse plus performantes expulse de la sphère du travail des masses grandissantes de prolétaires devenus inutiles ; le type de rapport social et humain qu’induit ce mode de production a réduit l’être humain au statut de marchandise, l’a privé de la jouissance du produit de son propre travail, aliénant toute son activité, le coupant de son lien avec la nature et pervertissant son rapport avec les autres hommes. Le 20eme siècle a vu se développer la guerre à grande échelle, les massacres programmés et des attaques irrémédiables contre l’environnement. Cette violence fondamentale constitutive du mode de production capitaliste, combinée à l’aliénation des êtres humains crée un contexte de désespoir où la seule réponse envisagée par des individus sans perspectives est la destruction violente, sorte de miroir dans lequel la société contemple les effets de son fonctionnement. Et malgré toute l’horreur que de telles pratiques provoquent en nous, nous sommes confrontés à la banalisation du terrorisme et de l’escalade symétrique de deux violences qui ne sont que les deux faces de la même pièce : depuis l’Intifada, en passant par les génocides, les attentats du 11 septembre et du 11 mars, les épurations ethniques… qu’elles soient posées par des individus isolés ou par des groupes, la classe dominante suscite et se fait l’écho complaisant de ces actes barbares. 2. Une attaque de plus contre le prolétariat : La publicité que la classe dominante fait des actes terroristes constitue un outil puissant de renforcement de son embrigadement idéologique : d’une part, cela participe à la création d’un climat d’insécurité généralisé où tout le monde a peur de tout le monde, appelle au renforcement de politiques sécuritaires et le regroupement frileux dans le giron protecteur des États; la solidarité est mise à mal, une explication toute faite est donnée au malaise croissant éprouvé par les couches exploitées. Ceci constitue une attaque directe contre la classe exploitée: en cherchant à créer des réactions xénophobes et des réactions de méfiance entre prolétaires de races ou religions différentes, la classe dominante tente de briser la solidarité et la capacité, pour le prolétariat, à se reconnaître comme classe, unie par des intérêts communs. Attaque des perspectives et destruction des liens, voici ce qui constitue une première attaque contre notre classe et contre le développement de sa conscience. Il faut donc renvoyer dos à dos les Etats qui, au nom de la « libération des peuples du joug du totalitarisme intégriste », bombardent et affament sans vergogne des populations, et les terroristes pourfendeurs de l’hérésie, tuant, dans la même logique, des opprimés. D’autre part, comme l’ont montrés les attentats de Barcelone, c’est souvent le prolétariat qui est la première victime de ces meurtres. Le développement du capitalisme d’Etat dans le monde entier a conduit à la croissance du totalitarisme et à la croissance de la violence aux moins de l’Etat : la terreur étatique – quand il doit défendre le système – à l’Est comme à l’Ouest, contre les menaces de révoltes de la classe ouvrière. Face à cette exploitation, le prolétariat n’a d’autre solution que sa révolte pour répondre à la terreur bourgeoise. Car, malgré ses discours pacifistes, la bourgeoisie n’a jamais renoncé à exercer sa terreur: armée, police sont sur pied de guerre et toutes les mesures d’intimidation sont prêtes pour frapper le prolétariat. Au contraire, l’Etat a accru ses moyens d’intimidation et les a perfectionnés de manière plus pernicieuse et sophistiquée au 20ème siècle. Et cela se confirme au XIXème siècle. Mais cette solution n’est utilisée qu’en dernier recours. La bourgeoisie cherche à éviter un affrontement frontal avec le prolétariat et préfère développer des campagnes idéologiques afin d’empêcher l’unification politique de la classe ouvrière. Que ce soit au nom de la démocratie, de la liberté tout est mis en oeuvre pour les travailleurs aillent rejoindre des rassemblements où sont niés les principaux aspects des antagonismes sociaux : la lutte de classes. Si dans une période précédente, de grands thèmes abstraits ont pu être utilisés, de plus en plus la réalité même de la crise dément aux yeux des travailleurs les bavardages bourgeois. La bourgeoisie s’est donc adaptée et utilise de petites campagnes développant le pessimisme, la résignation: faim dans le monde, nouvelle pauvreté, menace islamiste,… cherchant à culpabiliser ceux qui revendiquent une réaction contre l’austérité. Ceci permet aussi à la gauche de développer son travail de dévoiement des revendications prolétaires. Cette campagne n’a pas empêché que les travailleurs, de plus en plus acculé à la résistance directe, ne réagissent, et expérimentent leur force collective. TERRORISME : UN ANACHRONISME RECUPERE PAR LA BOURGEOISIE Cependant, la bourgeoisie n’a pas les moyens de lever la pression idéologique sur le prolétariat. C’est cela le sens du développement de’ l’actuelle campagne antiterroriste, où l’Etat cherche à cacher sa réelle nature derrière un combat pour la « démocratie » contre le « terrorisme ». Comme nous le voyons, la terreur et l’intimidation (utilisée ouvertement ou de manière cachée contre les travailleurs) sont des parties intégrantes de l’appareil d’Etat pour, maintenir le statu quo de l’exploitation. CE QUI SE PASSE ACTUELLEMENT De la même façon, le terrorisme d’aujourd’hui est de plus en plus, si ce n’est entièrement, l’expression de la violence d’Etats ou de ‘proto-Etats cherchant à imposer leurs volontés sur la scène internationale. Les scènes d’attaques terroristes d’avions, d’aéroports, de bateaux, de postes militaires, de magasins à Beyrouth, en Irlande du Nord, à New York, à Paris, à Bruxelles… sont l’expression de fractions politiques bourgeoises cherchant à faire reconnaître leur Etat contre d’autres (tout comme le proto-Etat d’Israël a utilisé le terrorisme pour obtenir sa légitimité, il y a de cela une soixantaine d’années, ou l’IRA, toutes les fractions rivales au Liban, ou l’ETA, .. ). L’utilisation du fanatisme suicidaire, pour défendre les intérêts d’un Etat contre un autre est la principale réalité aujourd’hui du terrorisme. Loin d’être l’antithèse des « Etats légitimes » ce terrorisme des proto-Etats est leur miroir l’extension logique de l’essence de l’Etat ‘capitaliste. L’époque des anarchistes terroristes du 19ème siècle, des éléments romantiques petits bourgeois, qui pensaient – faussement – pouvoir combattre le capitalisme par des actes individuels exemplaires de violence, est bien révolu. Déjà au 19ème siècle, les révolutionnaires ont développé une critique intransigeante du terrorisme anarchiste, voyant en lui, une idéologie exprimant au 19è siècle le désespoir d’artisans, de petits bourgeois luttant contre la prolétarisation. Les révolutionnaires rejettent la « propagande par le fait » et la violence isolée de toutes sortes de terrorisme au profit de la conscience de classe et de l’organisation du mouvement prolétarien. Mais surtout, avec le développement du capitalisme d’Etat et la polarisation de la société, il n’y a plus de place pour la mentalité « robin des bois » des bons brigands, tout comme il n’y a plus d’espoir de prolétarisation pour ce qui reste de la petite bourgeoisie classique en Occident ou pour les masses déshéritées du « Tiers Monde », dans une période comme la nôtre de désindustrialisation et de crise permanente du système. De tels éléments sont marginalisés, sans espoir, sauf s’ils se joignent au combat Depuis quelques années, il ne se passe guère de jour sans que, à un endroit du monde, un acte terroriste soit commis. Pour nous, le terrorisme est clairement à dénoncer : il ne constitue en aucun cas l’instrument par lequel le prolétariat peut s’affirmer. De plus, il représente, de façon directe et indirecte, une attaque contre notre classe et, à travers elle, contre toute l’espèce humaine au travers des espoirs d’avènement d’une société nouvelle dont le prolétariat est l’initiateur. Cette prise de position constitue donc une réponse à la banalisation qui est faite de ce genre de pratique ainsi qu’aux dérives idéologiques qui pourraient entraîner des prolétaires isolés et sans perspectives vers ces voies sans issues. . Seule la révolution massive prolétarienne peut de façon significative modifier la course catastrophique du capitalisme aujourd’hui. Le terrorisme a perdu définitivement son vieux vernis « anticapitaliste » pour devenir un autre phénomène de manipulation récupéré par la bourgeoisie et son appareil d’Etat. Quand il n’est pas inspiré directement par l’Etat, il ne s’agit que d’un marécage où s’engluent des éléments marginalisés, habilement récupérés par la propagande bourgeoise pour focaliser sa campagne en amalgamant banditisme, terrorisme et violence Depuis quelques années, il ne se passe guère de jour sans que, à un endroit du monde, un acte terroriste soit commis. Pour nous, le terrorisme est clairement à dénoncer : il ne constitue en aucun cas l’instrument par lequel le prolétariat peut s’affirmer. De plus, il représente, de façon directe et indirecte, une attaque contre notre classe et, à travers elle, contre toute l’espèce humaine au travers des espoirs d’avènement d’une société nouvelle dont le prolétariat est l’initiateur. Cette prise de position constitue donc une réponse à la banalisation qui est faite de ce genre de pratique ainsi qu’aux dérives idéologiques qui pourraient entraîner des prolétaires isolés et sans perspectives vers ces voies sans issues. 3. Absence de perspective du terrorisme/perspective de changement par l’action du prolétariat : Il existe une différence fondamentale entre classe dominante et classe exploitée : si la classe dominante doit maintenir le statu quo à tout prix pour préserver sa position dominante, la classe ouvrière, classe exploitée, ne peut se dégager de sa position qu’en rompant radicalement avec le mode de production capitaliste et en mettant peu à peu sur pied une société nouvelle répondant aux besoins de l’humanité et développant d’autres relations sociales. C’est cette position qui fait du prolétariat le levier d’un possible changement de société et c’est aussi pour cela qu’il est porteur de l’espoir de survie et de libération de l’humanité. Le capitalisme crée et mène à une logique de destruction et de mort ; le prolétariat est porteur de l’espoir du changement. De même, le terrorisme, comme réaction symétrique mais intégrée à la logique capitaliste est porteur de mort et représente l’impasse du mode de fonctionnement économico-social actuel ; le prolétariat implique, par sa pratique sociale et politique, le changement et une démarche qui est créatrice par essence. Ce ne sont donc certainement pas les renforcements des politiques sécuritaires et répressives des Etats qui mettront fin au terrorisme mais la capacité, pour la classe ouvrière, de formuler dans sa pratique quotidienne, ses perspectives propres. 4. Réactions à l’exploitation Les révolutionnaires ne condamnent nullement toutes les manifestations d’opposition à l’exploitation qui peut surgir au sein du prolétariat. Ce sont au contraire les pré1udes à l’embrasement général. Cependant, la lutte du prolétariat ne se limite nullement à cet aspect particulier de la violence prise en soi. En effet, les luttes prolétaires, en révélant les contradictions économiques du système posent les conditions même de la généralisation du combat pour une perspective de société différente. L’intervention des révolutionnaires dans ce processus ne consiste nullement à privilégier un aspect particulier – la violence, la revendication, l’organisation, … – mais bien à tracer les perspectives du combat général de la classe afin que puisse se développer la maturation de la conscience. FD mercredi ‎6 ‎juin ‎2018,

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